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L'Histoire De Mario Devolcy, Le LE FAMEUX Batteur Haitien.

Heritagekonpa Magazine  |  December 1, 2005

Par Louis Carl Saint Jean

Après la scission, le batteur-compositeur rejoint l’ensemble à Port-au-Prince le 20 décembre, après quatre semaines de vacances à Montréal. Dix mois plus tard, c’est l’enregistrement, à la Jamaïque, de l’album « L’Essentiel ». Mario en inscrit la chanson tube, « Religion ». Il quitte alors momentanément ses amis pour s’installer aux Etats-Unis. Et justement en décembre 1981 alors que « La grande puissance » est en tournée à New York, il offre « A la plage » (in Bossa Combo…In the Big Apple »).

Au début de l’été 1982, tout feu tout flamme, de Volcy regagne le sol natal. Vers la fin de l’année, il se lance en solo avec l’album Première Communion. Coup d’essai, coup de maître ! C’est la consécration de l’artiste. Dans chacune de ses compositions, l’auteur traite un thème sérieux, allant de la foi (Première Communion ), de l’importance du musicien (Jazz Man) à la valorisation du football, notre sport national (Analyse Logique).

Le talentueux musicien n’allait pas s’arrêter en chemin. Encouragé par l’accueil princier fait à sa « Première Communion », il publie son second microsillon en 1985. Il le baptise Viva Carnaval. S’ensuivront d’autres succès avec le « Big Band Bossa Combo - BBBC » avec des titres tels que «Ribambelle» et «Gare du Nord» (in «Compas kè kal»)

En octobre 1987, avant de partir à l’étranger pour mener les activités qu’exige la fin de son cursus universitaire, l’artiste fait sortir son troisième album, Viva Haïti. Une fois de plus, à bien des égards, la composition du morceau du même nom avait permis de mieux déceler le côté innovateur chez Mario. En effet, si mes recherches sont correctes, c’est justement Viva Haïti qui a frayé le chemin à l’introduction des instruments de musique sophistiqués dans la musique « racine ».

Après son séjour estudiantin à Porto Rico, de Volcy s’établira à New York pendant deux années. Il s’inscrit chez le professeur de musique Mercène Poinvil et y suit des cours de voix et de piano. A partir de cet instant, il se produit un peu partout à travers la mégalopole new-yorkaise comme soliste ou comme artiste invité avec d’autres groupes. Il chante ses créations et adopte désormais le « timbale », laissant la batterie un peu de côté. Sa première sortie faite avec le mythique Tabou Combo au Plattduetsche Park Restaurant (Long Isaland, NY) en été 1988 connaît un succès monstre. C’est la confirmation de Mario…Mario ! Il est surnommé « Le Roi du rara ».

Au cours de l’année 1990, de Volcy apporte sa couronne musicale à Port-au-Prince. Font partie désormais de sa cour : Antonio Beauvil, Harry Balmir et, bien sûr, les héritiers du trône, ses jeunes frères Romeo Volcy (actuel percussionniste du groupe ZIN) et Roberto Volcy. Ensemble, ils montent le groupe MIRAK’ – Musique Immortelle de Rara, d’Amour et de Konpa (Grande première à Ibo Lélé le 17 novembre 1990). La réalisation deux mois plus tard du vidéo-clip « Ayiti pou Afrik di Sid- Mandela lage » est classé numéro un à l’époque. C’est l’apothéose! L’année prochaine, dans un autre registre, il annonce dans notre carnaval : «Yo bay limyè». En septembre 1991, notre artiste s’installera pour de bon aux Etats Unis. Et MIRAK sera malheureusement dissous.

click hereCependant, le succès de son quatrième album solo Super Mario IV, sorti en 1998 ne sera pas le fruit d’un miracle. Il sera tout simplement le résultat d’une œuvre vachement accomplie. Là encore, il fait figure de pionnier, d’une part et de messager, de l’autre. En effet, dans «Marie La Folle » (composé avec le très regretté Yvon Louissaint), il introduit carrément dans le compas direct (version Nemours Jean-Baptiste) - chose nouvelle - un air frais de rabôday, de « grenn cirouelle », d’« anba tonèl » - spécialité des nos vrais troubadours. Le jeune innovateur a ainsi redéfini les contours d’un nouveau son qui allait déferler sur le compas. Dans « Watch Out » (Faites attention !), chanté par l’excellent Raymond Cajuste, il lance un message vibrant et significatif. Il appelle la jeunesse haïtienne à la discipline et la supplie, comme jadis dans « La pipe du diable », de s’éloigner de cette peste que constitue la drogue.

Il convient à ce point de marquer une pause en vue de rappeler que le plus beau succès de la carrière de Mario fut celui qu’il a remporté sur la drogue, voilà de cela plus de dix-neuf ans. En effet - comme c’est souvent le cas chez nous comme ailleurs - notre artiste, alors au faite de sa gloire, avait sombré pendant au moins une année (entre 1985 et 1986) dans l’utilisation des stupéfiants. Mais, comme à son habitude, il s’était redressé rapidement et s’en était sorti « la tête altière et haut les fronts ». Ce fils prodigue est donc devenu ipso facto un modèle pour nos jeunes et un véritable « success story ». Car, cette note est de loin la plus belle qu’il ait jamais écrite dans sa carrière musicale. Elle constitue celle qui a véritablement fait de Mario de Volcy un gisemenet d’or inépuisable.

Comble de bonheur, ce dernier possède plusieurs cordes à son arc. Non seulement il est un musicien de grand talent, mais il compte également parmi l’un de nos meilleurs présentateurs, chroniqueurs, animateurs et producteurs musicaux. Aussi, selon l’ancien présentateur radiophonique Jacques « Topaz » Glaure, homme bien connu dans le milieu du show- biz, « depuis le séjour de Mario aux Etats Unis, le verra-t-on ou comme batteur ou comme animateur à tous les événements se rapportant à la musique haïtienne. Que ce soit à New York, à New Jersey, à Massachussetts, en Floride ou ailleurs, ils sont légion les organisateurs à solliciter sa participation dans leurs entreprises. Et, chose louable, il fait toujours très bien tout ce qu’il fait…». En effet, comme présentateur, entre 1993 et 1997, De Volcy s’était révélé superbe sur les plateaux d’une chaîne communautaire dans l’émission « Haïti Créole ». Avec sa voix très radiophonique, il conquiert depuis environ une année les auditeurs respectifs de Radio Tropicale et de la WLIB 1190 AM (New York) dans les émissions « Serum » (chaque jeudi de 16 heures à 18 heures) et « Verite sou tanbou » (Il anime la dernière chaque deuxième samedi du mois de 14 heures à 16 heures avec son collègue et ami Stanley Barbot)

La contribution musicale de Mario ne s’était pas limitée au seul « BBBC », ni aux autres groupes au sein desquels il avait adhéré bien avant, ni même à ses œvres personnelles. Car, depuis ses 37 années de vie artistique (sur cinquante et une jeunes d’existence), il n’a jamais rechigné devant la tâche. On se perdra à dénombrer les projets musicaux auxquels il a participé, à un titre ou à un autre. Des artistes comme Raoul Denis, Jr., Jacky Ambroise, Emeline Michel, Claude Marcelin, Eddy Brisseaux, Patrick Apollon, Roméo Volcy, etc. et des groupes tels que les Skah Shah (sous la direction de Cubano), Lakol, ZIN, ont tous bénéficié de sa créativité et de son originalité.

La production musicale n’a pas non plus laissé insensible notre artiste. En effet, il collabore activement également avec M. Alex Villier et le chanteur Beethova Obas dans leur « Music Arts». Cette équipe compte à son actif, parmi d’autres, la sortie, en 2002 de l’album « Exodus » de Raymond Cajuste et celui « Atis pou Ayiti » (janvier 2005).

En fait, il vaut également la peine de signaler que les premiers vrais bénéficiaires de la carrière artistique de Mario restent et demeurent tous et chacun de nos compatriotes. Car, je peux affirmer sans crainte d’être démenti que la gentillesse de ce frère frise un véritable conte de fée. D’un entregent naturel, il accueille « Monsieur tout le monde » toujours avec un sourire qui s’accompagne généralement d’une accolade sincère. Denrée tellement rare!

Bien que lui et moi nous soyons maintes fois à couteaux tirés sur certains aspects de la musique haïtienne (surtout dans son cheminement et son interprétation socio-historique), je dois avouer que je me suis toujours incliné devant le talent musical de M. Mario de Volcy, devant sa connaissance et surtout devant son amour contagieux de la si belle musique de notre terre commune.

Puisse Dieu, dans sa miséricorde insondable, lui qui avait appelé à l’existence notre fière nation, se servir de lui et de nous tous afin de pouvoir prêcher du haut de la plus haute cathédrale l’importance de la connaissance de notre histoire, le sens du civisme et du patriotisme, l’amour des valeurs morales et intellectuelles. Cette disposition salutaire aura une triple vertu. Premièrement, elle nous conduira résolument à nos valeurs ancestrales et à l’amour et la connaissance des choses de notre pays, né pas dix, pas cinquante, mais plus de deux cent années de cela. Secondement, parce qu’ayant désormais une formation musicale et historique adéquate, elle nous permettra d’apprécier toute sorte de musique de chez nous, spécialement la méringue haïtienne, qui est la musique nationale de la République d’Haïti. En dernier lieu, elle rappellera à nous tous que nous avons un patrimoine culturel biséculaire à chérir et à sauvegarder. Et je demeure convaincu que c’est le désir infini de tout un chacun. Il l’est de vous comme de moi. Il l’est aussi du musicien, de l’artiste…Excusez… du noble Mario de Volcy. !



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