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Le Vaudou Haïtien

Richarson Dorvil

click herePour connaître le vaudou, il faut connaître les peuples qui ont été transplantés dans l’île d’Haiti

Claude MICHEL dans son livre : “ Aspects éducatifs et moraux du vaudou haitien (1995) “ recense plus d’une centaine de groupes ethniques : Senégal, Sierra-Leone, Côte d’Or, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger, Soudan, Angola, Dahomey. Les tribus : Soubous, Ibas, Lélé, Malinké, Bambara, Nago, Congo, Caplaou, Fon, Quimba, Miné, Mali, Oualoff, Poulain, Mandingues, etc…

Selon l’ethnologue Alfred Métraux (1902-1963), les esclaves venaient pour la majorité de la région du golfe du Bénin. L’économie du royaume du Dahomey reposait principalement sur la vente des esclaves. Captif de guerre, ils étaient revendus aux blancs. Le royaume de Ouidah fut l’un plus grand réservoir d’esclaves, en effet, on estime à dix mille le nombre de noirs vendus chaque année en provenance de ce royaume venu d’ailleurs, en examinant le catalogue des lois haitiennes, nous constatons que la plupart d’entre eux appartiennent au panthéon des yorubas et des fons.

Pratique du vaudou haïtien

Les cérémonies ont lieu dans un oumfo, Le oumfo est un temple ou les lwas, encore nommés “ mystères ” ou “ ange ”, disposent de leurs cases propres (kay mistè ou cases à mystères) et reçoivent les hommes, leurs serviteurs. Au centre du pérystile, véritable salle de danse où les loas se manifestent, diverses offrandes ou de nourriture sont disposées autour du socle du “ potau-mitan ”. Sur l’autel sont disposés les objets emblématiques des lwas : des cruches habillées à leurs couleurs, des bouteilles, ou des po-tèt (pot de tête) dans lesquelles sont enfermées des âmes, maintenues proches des lwa afin d’obtenir leur protection.

Sous la direction d’un hougan ou d’une mambo. Les fidèles y viennent pour entrer en relation avec les loas qui ne sont pas, à proprement parler, pas des dieux mais plutôt des esprits surnaturels assurant un relais avec le monde invisible ; on s’adresse rarement à Dieu.

Le poteau- mitan joue un rôle important, il représente le chemin que prennent les esprits pour se manifester aux humains, un trait d’union emblématique entre l’homme et l’invisible. Sur un plan plus palpable, on peut le considérer comme étant un axe de soutien à une toiture, à une construction. Celle-ci étant faite pour nous protéger contre les rayons du soleil et des intempéries. Et ce contre-poids que représente ce pilier existe aussi dans la vie quotidienne, notre vie active. Il peut être l’axe sur lequel se base la justice dans une société démocratique. Dans les sociétés traditionnelles patriarcale ou matriarcale, il désigne le chef de famille.

Les figures symboliques tracées sur le sol les attirent. Ils prennent alors possession des fidèles ont dit qu’ils les “chevauchent”. Durant la transe, le fidèle se conforme au comportement attribué au loa : tel qui, par exemple, est chevauché par Ogoun se montre menaçant, tel autre “ cheval ” de Dambalah, imite la reptation du serpent et parle d’une voix sifflante. Chaque fidèle, par héritage ou par prédilection, est lié à un ou plusieurs loas.

Le panthéon des loas est très complexe : certains viennent d’Afrique (culte Rada), d’autres sont nés à Saint–Domingue (culte Pétro). Ils commandent aux éléments, se montrent tantôt bons, tantôt méchants et entretiennent des relations. Papa Legba est un des plus importants.

Il assure la communication avec le monde invisible et il est souvent assimilé à Saint–Pierre. Un groupe particulier de loas est lié à la mort, ce sont les guédés : Baron Samedi, Baron La Croix, la Grande Brigitte. Le mois de novembre leur est particulièrement consacré.

 

 

 

 

 

 

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