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Boukman, 30 années d’Eksperyans

Walcam

click hereDans leur demeure, située dans une cours bien boisée, les époux Lòlò et Manzè nous ont reçus pour nous parler des trente ans d’existence de la formation mythique, Boukman Eksperyans dont ils sont les leaders.

Je me sens vraiment chanceux et honoré d’avoir été choisi par BEL PWOGRAM PRODUCTION comme le premier artiste à inaugurer la première édition du concours “JE CHANTE COMME”. Je pense que cela me permettra de contribuer à tracer un exemple pour nos jeunes. Ca me fait grandement plaisir que le public me perçoit comme un modèle pour la société.

Pour marquer ces années de gloire, de succès, de déboires aussi, le groupe a animé un concert, riche en couleurs dans un club de Pétion-Ville. Cette année, Boukman n’a pas chômé, il a réalisé de grandes tournées dans les Antilles et dans les deux extrêmes du continent américain.

Manzè et Lolo, que nous avons interrogé, ont tenu à remercier Dieu qui les ont permis de vivre toutes ces années, de faire connaitre a beaucoup d’étrangers la musique haïtienne, la vraie ! Ils ont aussi supplié le Grand Protecteur de l’Univers de leur accorder encore une chance de s’exprimer.

Si plusieurs concernés et adeptes pensent qu’il y a une baisse dans le mouvement contrairement aux années 90 ou l’on avait recensés plusieurs groupes musicaux de tendance racine, nos interlocuteurs pensent le contraire, parce que le mouvement ne signifie pas « musique ». Manzè croit que ça a commencé avec la peinture de Ti Ga et le mouvement Saint Soleil, les habits vestimentaires avec Phelicia Dell, l’écriture créole, etc.

En ce qui concerne la musique, on peut recenser plus de groupes estime la chanteuse. Certes, il y en a qui n’existe plus de nos jours mais, croit qu’il y a plus de groupes, dont un grand nombre qui ne bénéficie pas d’une bonne diffusion.

Elle nous rappelle les Zing Eksperyans, Sara Rénélik et Vox Sambou au Québec, le groupe Simbi, composé de suedois.

Manzè croit que c’est le mépris de nous-mêmes, ce que nous sommes, notre mémoire qui en est la cause.

Même le rap que les haïtiens jouent, ils le font de la même façon que l’américain ou le jamaïcain, nous devons faire un effort afin d’y insérer ce qui est de « nous ». Lors d’une interview avec le musicien Dadou Pasquet, ce dernier avait fait la même remarque. Ce sont les africains qui font du rap, les griots, ce que Manzè a repris. Nous rejetons toujours ce qui est nôtre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons introduit dans notre dernier album « La révolte des zombis » un morceau baptisé « rapcine » pour montrer aux rappeurs comment on peut le faire sans imiter servilement l’américain ou le jamaïcain. »

Boukman Eksperyans l’a initié depuis plusieurs années a estimé Lolo avec Wyclef Jean lors d’une prestation du groupe à SOB’s à Manhattan (New York). Il a fait remarquer qu’il avait ouvert la porte avec l’album « Revolution ». Sur le dernier album, plusieurs rappeurs ont collaboré avec Boukman Eksperyans raconte Lolo. Il y a un rappeur haitianosuisse, Geos, ensuite Black Alex, Samy B, les Mc’s de Rockfam, etc.

Ainsi, Lolo et Manzè rendent hommage au groupe Barikad Crew qui a fait un bon travail avec les mélodies, les invitant aussi à ne pas dévier de ce travail, c’est-à-dire ne pas imiter la musique rap des américains et jamaïcains en l’occurrence Fifty cent et autres. Le beat doit être original selon Lolo qui prévoit qu’on verra la différence pour le prochain carnaval. Ils insistent pour que Barikad Crew et Rockfam persistent sur cette voie afin de valoriser l’identité du rap haïtien.

Ils prennent en exemple le groupe antillais Kassav qui est un groupe racine parce qu’on retrouve des rythmes de chez eux comme le « gro ka », le « bele », le compas qui a donné naissance à cette saveur bien appréciée du monde entier.

Lolo encourage les groupes compas à faire de même en intégrant dans leurs musiques les rythmes vodou comme le Ibo, le Nago, le Petro, le Yanvalou, etc. Le Jazz des Jeunes, Dodof Legros, la Troupe Folklorique Nationale, Lumane Casimir sont des exemples de réussite dans cette expérience.

Nos musiciens doivent faire des recherches pour sortir de la médiocrité, il faut exceller dans tout ce que l’on fait. Il faut écouter tous les rythmes, toutes les musiques afin de trouver l’inspiration pour aller vers le progrès, pour porter la musique haïtienne vers l’avant.

Lolo et Manzè prennent en exemple la musique troubadour qui est un mélange de rythmes européens, africains et indiens Awawak qu’on trouve partout dans la Caraïbes. Ce rythme est joué par les jamaïcains, les Trinidadiens, les martiniquais. Le morceau Twoubadou rasin sur l’album « La révolte des zombis » qui est une fusion de rythmes, est très appréciée par les étrangers. C’est un peu de la world music à la manière de Bob Marley estime.

L’album « La révolte des zombis » de Boukman Eksperyans, plus de trente mille copies vendues à travers le monde, est distribuée par Falouma records sur le net depuis le 9 octobre sur Amazon, I-Tunes. Une compilation est en préparation avec les anciens succès.

Lien ( English link): Zombies' Revolt"), Boukman

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